Mon combat

Lettre à une âme envolée

Dear V.

Je ne sais pas par où commencer. Aujourd’hui, ça fait un an. 365 jours. 8760 heures. C’est long un an et en même temps ça passe vite. La vie a repris son cours ici-bas, et les jours s’égrènent doucement mais sûrement. Ils passent et se ressemblent. Je ne sais plus si ça me rend heureuse ou si ça me rend triste. Je ne sais plus trop rien à vrai dire. Un an que tu as élu résidence dans les nuages. Le monde continue pourtant de tourner, les gens s’enlisent gaiement dans leur train-train et la saison des fêtes a débuté. C’est comme si rien ne s’était passé, finalement. Et moi j’observe tout ça, un peu en retrait. J’ai la tête dans les nuages mais les pieds bien ancrés au sol. Je suis là et je ne suis plus là. Les pensées s’enchaînent à mille à l’heure dans ma caboche. C’est comme le hamster sur sa roue qui continue inlassablement de courir. Elles ne veulent pas s’arrêter. Même la nuit, dans mes rêves, elles continuent. Je souffre d’un mal notoire : la mélancolie. Et puis, je pense à toi. Est-ce que tu aurais aimé la couleur de ces chaussures ? J’ai alors dans la tête l’image de tes Timberland rose fuchsia et forcément, le sourire commence à me démanger le coin des lèvres. C’est bittersweet, la vie. Un jour tu es heureuse, et puis le lendemain, une vague de tristesse t’envahit, comme sortie de nulle part. Tu ne comprends pas trop ce qui t’arrive. Le flux des émotions est tellement aléatoire que tu as même arrêté de chercher à comprendre. C’est comme ça, c’est tout. D’ailleurs, je ne t’ai pas dit mais j’ai rencontré J. cet été, chez F. Ça aussi, c’était bittersweet. On était trois, mais dans le cœur, on était quatre. C’est marrant, la vie. Il y a des lignes parallèles qui finissent par se croiser, sans même que tu comprennes comment tu en es arrivée là. C’était pourtant pas écrit comme ça. Tout ça pour te dire que rien n’a beaucoup changé ici. On tâche de veiller les uns sur les autres, du mieux qu’on peut. On est un peu comme des figurines cassées qu’on aurait réparées tant bien que mal à la colle UHU. Ça tient puis ça casse à nouveau. On recolle inlassablement les morceaux, en espérant que cette fois, ça tiendra plus longtemps. Mais ne t’en fais pas, un jour ça sera plus solide. Et toi, alors ? Je ne m’inquiète pas trop. Je suis sûre qu’ils t’ont assignée aux arcs-en-ciel là-haut, vu ta personnalité haute en couleurs. D’ailleurs, quand j’en vois, c’est encore à toi que je pense. Enfin, tout ça pour te dire : je ne t’oublie pas.

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Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge ; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront, il est l’heure de s’enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise. – Baudelaire

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